Brève histoire du costume au Moyen Age (chapitre 1)

Nous vous proposons un petit panorama du costume au Moyen Âge, à travers les enluminures des manuscrits numérisés dans Rosalis. Cette semaine : les messieurs !
Aujourd’hui, un millionnaire peut se promener en jogging et tee-shirt s’il en a envie. Au Moyen Âge, c’est tout bonnement impensable. D’une part car le « jogging » n’existait pas (haha), ensuite car les codes vestimentaires sont très importants : on porte les vêtements correspondant à son statut social. Couleurs, tissus, forme : tout fait sens. Un noble est vêtu de beaux tissus (velours, soie, draps de laine) avec des teintes saturées et vives, le rouge étant la couleur préférée. Un paysan porte de simples chemises, ou chainses, en gros drap ou en chanvre, fades et peu colorées par des produits tinctoriaux de médiocre qualité – car de faible coût. Au Moyen Âge, contrairement à l’adage, on peut dire que « l’habit fait le moine » !
Jusqu’au début du 14e siècle, les tenues sont plutôt longues, pour les hommes comme pour les femmes. De long bliauds (tuniques), des mantels ou chapes pour se couvrir lorsque l’on sort, retenus par des cordons ou un joli fermoir.

Au début de la Guerre de Cent ans (1337-1453), les hommes adoptent les cottes courtes, ajustées et rembourrées, plus pratiques pour aller batailler que les longs bliauds. Ils conserveront ce costume court dans le civil, comme ici ce damoiseau dans la vignette ouvrant le mois d’avril dans un psautier de la seconde moitié du 14e siècle.

Seuls ceux que l’on appelle aujourd’hui les « métiers de robes », hommes de lois, administrateurs et clercs, restent fidèles au costume long. C’est encore le cas aujourd’hui pour nombre d’entre eux !
Quelques accessoires permettent d’apporter un peu de fantaisie au costume civil, comme ces coudières, longs appendices pendants, prémices des manches spectaculaires que l’on rencontrera au siècle suivant…

La couleur sur un costume est synonyme de richesse et d’orgueil. Les ordres mendiants, nouvelles communautés religieuses apparues au 13e siècle, choisiront ainsi, par humilité, de ne porter que des tenues en draps de laine non teints, aux couleurs naturelles (blanc, brun, noir). Les différentes pièces de la vesture des frères dominicains symbolisent ainsi certaines vertus : tempérance, humilité, justice et force, comme on peut le voir ici dans un manuel à l’usage des novices, texte très rare connu par ce seul manuscrit provenant du couvent de Toulouse.

Au 15e siècle, la coquetterie atteint son maximum pour la période médiévale et on ne résiste pas à certains artifices pour être encore plus « beau ». Le costume masculin raccourcit encore, se resserre à la taille et s’épaissit sur le torse, comme on peut le voir sur cette enluminure d’un roman de chevalerie, l’ampleur des plis donnant l’illusion d’un torse musclé, renforcé par des effets de manches bouffantes…

Les manches des surcots et des houppelandes deviennent spectaculaires, en forme de bombardes, taillées en barbe d’écrevisse, en flammèches ou en feuilles de chêne, comme on peut le voir sur les personnages (en robes longues) de cette enluminure des Grandes Chroniques de France.

La prochaine fois, nous causerons des « It-girls » du Moyen Âge !

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